L’avenir du bois français passe par la construction, selon Michel Perrin, directeur du Comité national pour le développement du bois (CNDB).
Aujourd’hui le marché de la construction est encore relativement peu ouvert aux possibilités que peut offrir le matériau bois.
Deux segments sont importants mais différents : la fabrication de charpentes traditionnelles, qui se fait majoritairement avec des bois français ; les panneaux à ossatures bois dont la matière première provient pour la plupart des forêts scandinaves, allemandes et autrichiennes.
Le morcellement des forêts françaises et le fait qu’elles soient détenues en grande partie par des privés sont des freins à une exploitation coordonnée et industrielle de la ressource.
C’est un obstacle pour la pénétration du marché de la construction par le matériau bois français, auquel s’ajoutent d’autres facteurs :
- sur le plan culturel, le bois n’apparaît pas encore aujourd’hui comme un matériau sûr,
- sur le plan économique, le bois est désavantagé par rapport au béton qui bénéficie d’une filière très construite et rentable,
- sur le plan réglementaire, beaucoup de textes ont été rédigés sans tenir compte des possibilités qu’offre le bois et il souffre aujourd’hui d’un manque de crédibilité,
- sur le plan opérationnel, les professionnels de la filière bois sont encore peu nombreux, ce qui freine le dynamisme du marché.
Cependant deux atouts de la filière bois française sont à considérer :
- les caractéristiques naturelles qu’offre le bois, liées aux préoccupations actuelles autour du développement durable, sont un atout commercial primordial ;
- les réserves de bois français tournent autour de 85 millions de m3 par an et augmentent un peu plus chaque année. Ceci devrait permettre d’allier la croissance de la construction bois en France avec celle de l’utilisation de bois français dans le bâtiment, en France et partout dans le monde.
Source : www.lemoniteur.fr, "Finissons-en avec le mythe des 3 petits cochons ! ", le 20/10/2008
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